Classique (< 50 cm)
Cabinet (< 80 cm)
Collector (< 120 cm)
Galerie (< 180 cm)
Musée (< 270 cm)
LES TETES MULTICOLORES DE BERLIN
LES BONS RESTES DU MUR DE BERLIN
Il y a rarement eu d’artiste émigré dont l’histoire est tellement corrélée à celle de Berlin comme l’est celle de Thierry Noir, né en 1958. Son lieu de prédilection est Berlin-Ouest. A l’instar d’autres artistes, ce français a débuté en peignant la façade ouest du Mur de Berlin. Etant donné que toute cette zone frontalière était sous l’autorité de l’ex RDA, il était illégal d’y exercer une activité artistique. Alors que la surface à peindre s’avérait plus que pratique : d’énormes plaques de bétons, dont la première couche est blanche et dont un vaste public et l’intérêt des médias était garanti. Noir devait être rapide en peignant les blocs de bétons, pour ne pas se faire attraper par les soldats postés à la frontière.
Cela a marqué son style : des têtes de profil avec des lèvres démesurées, détourées par de simples lignes noires comme dans les bandes dessinées, aux étendues de couleurs vives. Une tête correspondait à un ou deux segments de mur verticaux, puis, en peu de temps ces segments étaient ornés de grands visages individuels de Noir. C’est le Mur de Berlin qui orientait le style et l’œuvre de Noir : il a appris à transposer rapidement une idée et à utiliser tout l’espace disponible.
La célèbre « East Side Gallery » à Berlin montre encore quelques mètres de son art étendu, le reste ayant été vendu aux enchères pour des millions sur leur support lourds de plusieurs tonnes. Ce qui reste, depuis les années 80, est l’image de Berlin comme métropole artistique et underground dont Noir et ses alliés font partie intégrante.
Les motifs de Thierry Noir demeurent immortels. A l’instar de l’artiste graffeur Keith Haring, Noir réussit à transposer son art de la rue vers des formats plus petits et de les faire vendre dans le commerce. Le répertoire de Noir s’est diversifié au fil des années, mais son style concis est toujours le même. Ses nouveaux personnages font de la musique, sont en mouvement et apparaissent alors comme un symbole pour le nouveau Berlin, réunifié depuis maintenant 20 ans. Noir a largement contribués à la liberté et l’état d’esprit dans cette ville. C’est rare qu’un artiste aussi spontané que Thierry Noir montre autant de continuité et qu’il ait réussi à amplifier son enthousiasme créateur au vue des conditions historiques marquantes.
Horst Kloever
Thierry Noir est né en 1958 à Lyon (France) et arrivé en 1982 avec deux valises à Berlin, attiré par la musique des musiciens y vivant à l’époque comme David Bowie, Lou Reed et Iggy Pop. En 1984 il a commencé avec Christophe-Emmanuel Bouchet et Kiddy Citny à repeindre le mur de Berlin. Son but était, selon lui, de « démythifier » le mur. En repeignant ce qui est pour lui la « plus grande toile de béton au monde », il acquit un notoriété internationale. Noir voit ses images comme un symbole de la nouvelle liberté, qui a été regagnée après la réunification, mais aussi comme le symbole d’un « Monde de poésie ».
En faveur de l’organisation d’aide aux enfants « Die Arche – Christliche Kinder- und Jugendwerk » Noir a réalisé en 2005 un ours buddy, qui porte le nom Teddy Noir.
Noir a également contribué en 1987 à l’organisation du film « Les ailes du désir » de Wim Wenders, dans lequel il apparaît aussi comme figurant.